DEPENDANCE
au CHAT ou aux SITES de RENCONTRE
Si
les hommes sont plus nombreux à consulter les sites à
caractère sexuel explicite, comme les images et les vidéos
pornos et à s'y accrocher, les femmes sont plus enclines à
créer des rapports amoureux sur les sites de rencontre ou à
chercher de l'information sur leur vie sexuelle à l'aide des
chats ou des forums.
Ce sont elles qui se font souvent piéger par ces redoutables
"chasseurs" d'aventures sans lendemains ou de "plan-sexe"
pour le week-end. Souvent seule ou divorcée, la femme qui chate
se fait piéger par sa naïveté et son excès
de romantisme. Elle croit au prince charmant, même si dans son
for intérieur elle sait bien qu'il n'existe pas. Ces chasseurs
se font parfois piéger eux-mêmes, comme le montre ce dessin
humoristique.

D'ailleurs,
il faut savoir que de nombreux sites de rencontres payants embauchent
en réalité des hôtesses pour appâter le
client. Certains n'ont aucune femme inscrite, et tous les profils
féminins sont en fait gérés par des employées.
Les "hôtesses"
contactent régulièrement les célibataires à
la recherche de l'âme soeur, leur promettant monts et merveilles.
Elles font valoir qu'il est préférable de bien se connaître
avant de se rencontrer, arnaquant le plus longtemps possible la poule
aux oeufs d'or. Elles ont aussi pour tâche de contacter des hommes
par mail pour les inciter à s'abonner. (lu su DatingWatch.com)
Selon le psychologue Georges-Henri Arenstein, dans la pratique ascendante
du "chat", on peut noter les stades suivants:
Stade 1 (Initiation). Ce stade est caractérisé par un
intérêt et une curiosité marqués. Les amateurs
trouvent un attrait personnel, social ou culturel au "chat".
Les conversations sont superficielles, mais les habitués lancent
assez vite la fameuse question "A.S.L." (Age-sex-language
or location). L'interlocuteur qui ne cadre pas avec les critères
de l'appelant est impitoyablement relégué aux oubliettes
(avec ou sans justification).
Au stade 1, la fascination est présente. L'autre est un inconnu,
un mystère à découvrir. Questions et confidences
se succèdent et, comme dans une conversation réelle,
il y en a souvent un qui prend le contrôle des opérations
(parfois subtilement). C'est lui qui pose les questions, qui décide
quand il se dévoile et qui décide que c'est le temps
de quitter, soit avec une invitation de reprise prochaine, soit avec
une brève parole d'adieu.
Stade 2 (Amitié). À ce stade, les correspondants deviennent
plus familiers et se font des confidences intimes sur leur vie privée.
La curiosité, la fascination du début devient émerveillement,
ravissement.
L'apprivoisement à l'amitié, dans le monde virtuel, s'effectue
beaucoup plus rapidement que dans le monde réel. Cela semble
tenir, entre autres, au fait qu'un grand nombre de préjugés
ou d'obstacles embarrassants sont soigneusement évités
: les gens que je n'aime pas ou trop encombrants sont carrément
éliminés; seuls restent ceux qui m'attirent. Pas étonnant
qu'on devienne ami si vite ! Comme le non verbal est absent et ne peut
donc pas nous distraire ni nous influencer, on s'attache surtout au
contenu, lequel est presque toujours magnifié. Grâce au
"chat", nous avons un écran. Et cet écran nous
sert à montrer nos plus beaux côtés…. et à
cacher les plus laids aux autres ! Pas étonnant que les affinités
se transforment vite en intimité. Qui plus est, dans le monde
virtuel, un compliment a toujours beaucoup plus d'effet (il provient
d'un inconnu qu'on n'a jamais vu et qui pourtant nous connaît
si bien !) C'est à ce stade que se nouent des relations durables
ou alors elles cessent brusquement lorsque l'un des correspondants
décide impitoyablement et impunément d'effacer le nom
d'une personne de sa liste peu importe la raison.
Stade 3 (Éblouissement) À ce stade, l'adepte connaît
une sorte d'envoûtement, d'excitation. Le "chat" l'emporte
sur les activités habituelles, conjoint, famille et tâches
quotidiennes sont délaissées au profit des amis du "chat"
! Même le sommeil est réduit au minimum vital. De sympathique,
le correspondant devient exceptionnel. "Chatter" était
un plaisir, c'est maintenant devenu un besoin. L'usager commence à
montrer des signes d'intoxication. C'est là que les conjoints
ou les parents de l'adepte s'inquiètent le plus.
Parfois, les stades 1-2-3 se produisent coup sur coup ! On pourrait
presque assimiler ce phénomène au coup de foudre ! On
éprouve parfois le désir de rencontrer le correspondant,
lui ou elle qu'on a si souvent imaginé. Ces rencontres sont
presque toujours décevantes. En effet, porter un inconnu aux
nues est toujours accompagné de quelques visualisations et de
beaucoup de projections. L'autre a toujours l'air, dans l'imaginaire,
de ce que l'on souhaite qu'il ait l'air. Et comme la réalité n'obéit
pas à nos projections, l'individu s'avère le plus souvent
être plus fade que notre création mentale.
Stade 4 (Assuétude ou ralentissement)
Dans l'assuétude, on tombe dans la dépendance totale.
Le "chat" devient envahissant au point d'empiéter
sur le temps de travail et de sommeil de l'adepte. Il ne s'agit plus
d'un besoin mais d'un mode de vie. Comme dans les cas de dépendance
à certaines substances, il se développe des rituels,
un jargon, une sous-culture, propre à cette assuétude.
L'individu a la conviction que, s'il passe deux à trois jours
sans "chatter", il lui manque quelque chose de fondamental,
comme s'il avait perdu le contrôle de ce qui se passe dans sa
vie !
Dans le ralentissement, ou "normalisation", l'adepte découvre
que son plaisir est arrivé à saturation et le correspondant
perd son importance vitale, mais peut encore conserver une importance
relative. Il y a parfois rupture. La réalité retrouve
ses droits et l'adepte se rend compte qu'il a été victime
d'une illusion, d'un mirage.
CONSEILS AUX CONJOINTS DES MORDUS DU "CHAT"
Pour un conjoint ou une conjointe, lorsque l'autre se lance dans une
passion dévorante, le golf, le jeu d'échecs, la collection
de timbres, le "chat" ou autre chose, le désarroi
peut
être très grand. Un sentiment de vide, d'abandon, de jalousie
quelquefois, surgit et grandit et en même temps une souffrance
très pénible peut l'envahir.
Si des fantasmes de donner des coups de marteau dans l'écran
ou de vendre l'ordinateur vous assaillent, rassurez-vous, c'est bien
normal…. mais n'en faites rien ! D'autres options, heureusement,
se présentent à vous :
Vous pouvez attendre que la passion se consume. Souvent, il s'agit
d'une phase d'emballement qui arrivera tôt ou tard à saturation.
Le cyber-dépendant devrait revenir au monde réel et devrait
s'apercevoir que le conjoint et la famille demeurent des valeurs sûres.
Vous pouvez insister pour que votre conjoint consulte. Il existe maintenant
des psychothérapeutes spécialisés dans la cyber-dépendance.
Vous pouvez développer vos propres intérêts et
vous
évader (cinéma, théâtre, sports, etc) à
votre façon. Faites ensuite un partage à deux pour échanger
vos points de vue (agréables et désagréables)
sur cette nouvelle façon d'avoir des loisirs séparés.
Partagez votre inconfort ou votre souffrance. Parlez de vous et de
comment vous vous sentez.
Si les rencontres virtuelles sont…. virtuelles, les émotions
de plaisir et de déplaisir qu'elles engendrent sont bien réelles.
Les motivations profondes pour se lancer dans des conversations virtuelles
n'ont pas encore livré tous leurs secrets. L'excitation au contact
d'un inconnu avec qui on cherche et on trouve des affinités
et avec qui on se sent si bien fait probablement partie de l'inconscient
collectif de l'espèce humaine : on a besoin de se reconnaître
en l'autre pour se rassurer et se faire confirmer qu'on existe; le "chat"
n'est qu'une des nombreuses modalités de fonctionnement de ce
besoin, entre mille peut-être.
CONSEILS AUX PARENTS D'ADOLESCENTS
Votre fille ou votre fils "chatte" avec des inconnus, parfois
plus âgés que lui (ou elle) et cela vous inquiète.
La prudence la plus élémentaire requiert que vos enfants
ne dévoilent aucun indice qui permette de les identifier : nom
véritable, date de naissance, ville où vous habitez, école
qu'ils fréquentent, profession des parents, etc. C'est votre
droit de superviser leurs échanges afin de vous assurer que
vos consignes soient respectées. Certains adultes se font passer
pour des ados afin d'amorcer une rencontre dont les objectifs peuvent
être douteux. Pour faciliter la supervision, organisez des moments
de "chat" à heures fixes et soyez présents.
Si une rencontre réelle est planifiée, assurez-vous qu'un
ou deux adultes accompagnent le jeune dans ses déplacements.
Il se peut que votre ado vous en veuille beaucoup pour vous mêler
ainsi de ses affaires. Sa colère envers vous est légitime.
Acceptez-la avec philosophie et interprétez-là (silencieusement)
comme une manifestation saine d'affirmation de soi. Écoutez-la
sans interruption.
Admettez le fait : Je sais que je me mêle de tes affaires. C'est
parce que toi et tes affaires, ça me regarde et ça me
concerne. Je suis responsable de ta sécurité et de ton
développement; à ce titre, j'interviens quand ils sont
menacés ou compromis et j'emploie les moyens que j'estime justes
et raisonnables. J'ai bien entendu que tu n'es pas heureux de ma supervision.
Cependant, ce n'est pas négociable.
Attention cependant, tous les adultes qui "chattent" avec
les adolescents ne sont pas nécessairement des "pushers"
ou des pédophiles. Beaucoup consacrent un peu de leur temps
et de leur savoir-faire à échanger avec eux des points
de vue sur plusieurs sujets et à leur apporter un soutien et
un réconfort authentiques lorsqu'ils se sentent perdus. Ceux-là
sont bien intentionnés et ne cherchent à peu près
jamais à organiser une rencontre réelle avec leur correspondant
(Tous droits réservés par M. Georges-Henri Arenstein,
psychologue. Janvier 1999)

Cher
Andy, comment ça va ?
Ta mère et moi allons bien. Tu nous manques.
Sil te plait éteins ton ordi et descends pour manger. Love,
Papa.
Dépendance des jeunes au ''chat''
Depuis déjà longtemps, mon fils de 16 ans passe tout
son temps sur l'Internet à ''chatter'' avec d'autres jeunes.
Il est lui arrivé d'échanger des messages qui me semblent
complètement inappropriés et des insultes. Lorsque je
lui ai fait des commentaires
à ce sujet, il m'a répondu que c'était simplement
pour s'amuser. Récemment, il a été banni du réseau
de ''chat'' et il réagit comme si c'était la fin du monde,
se renfermant sur lui-même et menaçant de tout détruire.
Je ne crois pas qu'il aille jusque là mais je ne comprends pas
ce qui se passe et je n'aime pas l'état dans lequel il se trouve.
Que dois-je faire ?
R: Le ''chat'' est un moyen intéressant pour établir
des contacts avec des gens de par travers le monde et tout spécialement
avec des gens qui ont les mêmes intérêts que nous.
Malheureusement, plusieurs jeunes s'accrochent désespérément
au ''chat'' comme à une bouée de sauvetage et ils s'y
investissent complètement, y passant tout le temps qu'ils sont
capables d'y mettre et négligeant leurs autres activités.
Ce faisant, ils envahissent le réseau de ''chat'', s'y défoulent
en proférant des grossièretés, en étant
agressifs dans leurs propos et en tentant de monopoliser les conversations.
Leur comportement leur vaut d'être bannis du réseau. Par
réaction, ils deviennent alors encore plus hyperagressifs et
harcelants, se défendent en affirmant que les autres n'ont pas
compris ce qu'ils ont voulu dire et menacent de se suicider. Comment
le ''chat'', qui se voulait un outil d'ouverture sur le monde, en arrive-t-il
à éveiller autant de détresse ? Beaucoup de jeunes
et d'adultes ont de la difficulté à établir des
relations d'amitié avec des gens autour d'eux à la fois
parce qu'ils manquent de confiance en soi et parce qu'ils ne savent
pas ''comment'' faire et n'osent pas essayer par peur du rejet. Le
chat devient alors la seule possibilité qu'ils aient d'établir
un lien avec ''l'autre''.
Toutefois, le ''chat'' ne peut offrir qu'une communication partielle.
Il est possible de s'y dévoiler et de recevoir les secrets de
l'autre mais, le plus souvent, il ne se crée aucun véritable
attachement ou lien d'amitié se concrétisant dans le
réel. L'autre reste inconnu quand bien même que l'on connaîtrait
ses secrets les plus intimes. Ainsi, contrairement à ses attentes,
les besoins de communication et d'appartenance du jeune n'arrivent
pas
à être comblés par le ''chat'' et un sentiment
de manque l'envahit, ce qui le pousse à espérer encore
plus désespérément que le réseau en arrive à
répondre éventuellement à ses besoins. En outre,
inquiet quant à sa valeur personnelle et quant à sa capacité
de faire sa place dans le monde, frustré par le manque ressenti
d'attention, d'acceptation et d'amour &endash; ce que le jeune
ne sait pas encore, c'est que pour ressentir l'amour des autres, il
faut d'abord s'aimer soi-même, &endash; il se sert de l'anonymat
du ''chat'' pour crier sa souffrance intérieure en proférant
des stupidités destinées d'une part, à exorciser
cette souffrance et, d'autre part, à lui prouver qu'il est digne
d'être aimé car, malgré qu'il montre le pire de
ce qu'il est, les gens vont l'accepter quand même.
Mais voilà que des gens tannés de sa présence
agressante et envahissante, décident de lui fermer la porte.
Pour le jeune qui croyait avoir enfin trouvé une famille et
des amis l'acceptant tel qu'il est, le sentiment de rejet prend des
proportions hors mesure. Il n'arrive pas à comprendre ce qui
lui arrive, essaie de se l'expliquer (''ils n'ont pas compris ce que
je voulais dire'') et il se convainc que s'il n'arrive pas à y être à nouveau
accepté, jamais personne ne l'acceptera (et donc, que ça
ne vaut plus la peine de vivre).
Afin de se défaire de cette dépendance nocive au ''chat''
et, surtout, de se sentir plus épanoui et heureux, il est nécessaire
de se développer des réseaux d'amitié et de support
en dehors du ''chat''. Des réseaux dans lesquels il est possible,
d'une part, d'apprendre à s'accepter tel que l'on est et à
faire face à nos démons intérieurs afin de les
conjurer et, d'autre part, de se rencontrer entre amis, de se partager
nos joies et nos peines et de faire des activités ensemble.
Ce n'est que là que les besoins d'estime de soi, de communication
et d'appartenance pourront véritablement être comblés.
Évidemment, si ces jeunes se sont retrouvés pris au piège
du ''chat'' c'est, qu'au départ, il leur était difficile de faire
les pas nécessaires pour se bâtir un réseau d'amis. Plusieurs
auront donc besoin d'encouragement et, il faut le dire, de courage pour demander
de l'aide et établir des contacts avec des amis réels. La meilleure
chose à faire c'est, d'une part, d'encourager votre fils à discuter
avec vous ou avec un intervenant d'un regroupement de jeunes (comme la Maison
des jeunes, par ex.), d'un centre d'écoute anonyme ou du CLSC, par exemple,
de ce qu'il vit présentement. Et, d'autre part, de l'encourager
à entrer en contact avec d'autres jeunes au travers, par exemple,
d'activités qui pourraient l'intéresser. Afin de ne plus
dépendre du ''chat'', il lui faut prendre conscience des raisons
derrière ses difficultés et apprendre, ensuite, à
établir des liens beaucoup plus satisfaisants avec des gens
réels.
(Jacqueline Comte M.A. Sexologue clinicienne et psychothérapeute)
TEMOIGNAGES
"Je me suis inscrite sur Netclub cet été; je ne savais pas
trop ce que je recherchais au juste, mais je savais une chose, je me faisais
ch..., il faisait beau, je me sentais bien, mais un peu seule (oui on va sans
doute me dire que je me suis inscrite pour combler un manque blablabla...Bref
passons sur l'analyse) et je me suis dit, pourquoi pas essayer?!
Au début, ça fait franchement "j'fais mes courses
sur le net" et puis, on se prend au jeu. j'ai commencé par
dialoguer avec un individu qui, virtuellement, avait l'air charmant;
très marrant, cultivé, original. Et puis la rencontre:
effectivement, on avait pas mal de choses en commun, une vision de
la vie et des goûts assez similaires, mais un taux d'alchimie égale
à zéro... Je l'ai revu une 2eme fois, j'avais envie de
m'en faire un ami, mais apparemment il n'avait pas les mêmes
intentions et ça s'est mal terminé. Plus de nouvelles
depuis.
Puis j'en ai rencontré un 2eme, mimi, gentil, mais qui n'avait
pas envie de 'construire'; bref en d'autres termes, qui avait juste
envie de s'amuser (c'est l'été, les hormones, etc...)
j'ai apprécié sa franchise, je n'étais pas forcément
contre l'idée de m'amuser sans penser plus que ça à
l'avenir...On est restés 'ensemble' tout l'été,
et puis, chacun est reparti de son coté... Manque de bol -oui,
j'ai décidé de jouer dans la transparence- je suis tombée
enceinte. Bref, passons, je n'ai pas trop envie de m'étendre
là-dessus et je ne suis pas sûre que ça intéresse
beaucoup de monde (pour ça, je vais sur le forum IVG... et je
n'aurais qu'une chose à dire: on est jamais assez prudents)
On ne s'était rien promis, mais il a été très
présent durant ces quelques jours, bref rien à redire
sur lui...
Tout ça pour dire ce que d'autres ont du déjà dire
avant moi: le Net est un moyen comme un autre de faire des rencontres
qui n'auraient sans doute pas eu lieu sans ce moyen, le tout
est de savoir ne pas trop rester dans le 'virtuel', dans cette
situation d'attente, 'tiens j'ai un message, et c'est qui celui-là
etc...' Parce qu'on peut vite devenir accro, et que
finalement, on est comme une ... devant son ordi et pas dans la 'vraie'
vie; on fait des rencontres toutes plus illusoires les unes que les
autres, et surtout qui n'ont de 'rencontres' que le nom, puisque cela
se limite à un échange de messages via écrans
interposés... Pas génial...
MAIS, quand on décide de se jeter à l'eau, et de rencontrer
les gens avec qui on discute, ma foi c'est comme dans la vie; on accroche
ou pas, le courant passe ou ne passe pas, on se rappellera...Peut-être,
peut-être pas... On tombe quand même sur pas mal de mythos
sur le net. Il est si facile de s'inventer, de se ré-inventer,
que beaucoup en profitent et n'hésitent pas... Enfin, je ne
suis pas psy ni anthropologue, juste une presque trentenaire assez
bien dans ses baskets ni bombe atomique ni laideron, je pense; donc
les torturés de la vie, mythos et cie, non, très peu
pour moi...
D'autres, s'ils se sentent rejetés, ont parfois des réactions
très violentes:ça m'est arrivé une fois, j'ai
bien failli changer mon numéro de tel, j'ai pété les
plombs car la personne en question me harcelait littéralement,
et ce à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit, il m'insultait,
bref, ça s'est fini au commissariat de police... Moche. Mais
bien réel pour le coup. Il avait juste mal à son ego
et quelques problèmes de neurones visiblement.
J'ai rencontré encore une personne après, mais ni l'un
ni l'autre n'avons accroché. Je ne dirais jamais assez à
mes amis qui se sont inscrits sur un site de rencontres de faire gaffe
-j'ai l'impression de materner un peu mais c'est vrai- et surtout pour
les personnes fragiles, cela peut avoir des 'effets secondaires' assez
dévastateurs...
Et bien sûr, les mythos sont légion, donc faire doublement
gaffe, et surtout ne pas tomber dans la spirale du 'vite, je me connecte
voir si j'ai eu des messages' ni dans celle du 'je vais me trouver
le prince charmant' (qui ne l'oublions pas, n'existe pas, pas plus
que la princesse charmante ou le Pere Noël)"
UN HOMME IDEAL
"J'ai entamé une correspondance par mail avec un homme en mars
dernier. Je dois dire que je suis consciente d'avoir beaucoup idéalisé
cet homme du fait qu'il fait une démarche spirituelle assez
poussée et qu'il m'a longuement parlé de l'amour universel,
sans attachement…etc, dans notre correspondance ; j'étais
fascinée par ce qu'il me disait, je le prenais presque pour
un maître spirituel, je le voyais déjà me servir
de guide dans ce domaine-là, d'autant plus qu'il avait l'air
de le sous-entendre. En juin, nous avons décidé de nous
rencontrer, rencontre qui n'a pas pu avoir lieu du fait d'un imprévu.
Il s'est alors absenté de chez lui pour raison familiale après
m'avoir dit que nous nous verrions
à son retour. Je n'ai pas eu de ses nouvelles de tout l'été.
En septembre, il m'a écrit : il avait rencontré une femme
et il était très pris par cette relation ; notre rencontre
tombait donc à l'eau et en plus, il ne souhaitait pas poursuivre
notre correspondance. J'ai été très déçue
(beaucoup plus que j'aurais dû l'être pour une simple relation
amicale avec un homme que je ne connaissais pas : j'avais l'impression
d'être trahie et abandonnée). "
R : Je rencontre souvent ce cas de séduction
actuellement dans mes consultations. Avec Internet, beaucoup de personnes
se font avoir par le côté romantique d'une relation épistolaire.
La distance, réduite par la rapidité des échanges
et la fascination de l'inconnu font pas mal de dégâts
chez les personnes naïves ou trop seules.
Alors, je vous conseille de revenir à la réalité
et de changer votre mode de rencontre. La plupart des rencontres
qui débouchent sur des relations saines, épanouissantes
et durables se font par le biais des amis, des collègues
de travail ou par la famille. Soyez donc ouverte sur la nouveauté,
sur le dialogue et l'échange, car c'est grâce à ces
critères que l'on peut espérer trouver quelqu'un
et... le garder !
Orroz
Quelquefois,
les femmes dérapent et deviennent accros aux chats "coquins"
voire même aux séances de webcams sexy :
"Je
suis une femme mariée et fidèle, et le sexe a été
pour moi dans la majorité du temps une corvée, pour le
plaisir de mon homme seulement. Jusqu'au jour où l'on a commencé
à sortir de la routine et que je connaisse vraiment la jouissance.
Là j'en voulais de plus en plus, de temps à autre on
louait des films xxx, ce qui m'excitait beaucoup et j'aimais voir ça
et les reproduire......
Il y a 4 ans j'ai commencé à tchatter avec des hommes;
au début c'était anodin mais c'est vite devenu plus hot.....les
tchats sexuels... J'ai beaucoup aimé ça, ça m'excitait
beaucoup et je dois dire que mon mari en profitait aussi puisque ma
libido augmentait beaucoup........après le tchat je suis passé
au cybersexe avec webcam et micro et pas seulement de mon côté
mais de mon contact aussi. C'était donnant-donnant. Je suis
vite devenue accro de ca.........je me levais à 6.00 h le matin
jusqu'à
midi et aussi en soirée de 8.00 jusqu'à minuit.......
Je ne faisais plus rien dans la maison, le strict nécessaire.........
Je me rend compte que je n'ai pas mis le nez dehors de l'été.....Je
n'ai pas de vie sociale etc., mes seuls amis sont ceux du net... Enfin
mon mari n'est au courant de rien et je n'ai pas l'intention de lui
dire........ j'ai fait une tentative pour arrêter au mois d'avril,
j'ai été 5 semaines sans rien faire mais j'ai recommencé
et c'était pire qu'avant. J'ai fait mon ménage, j'ai
jeté
livres, films, supprimé mes contacts..........
Comme votre site m'a décidée à arrêter,
je me suis endormie en braillant hier soir, certains adieux ont été
difficiles à faire. Je n'ai plus de fuckfriends. Voilà,
vous savez tout........ mon combat a donc commencé le 18 août.....Je
pense que ce forum m'aidera beaucoup.
Merci à tous."
R:
Nous te souhaitons la bienvenue.
En lisant tes messages, je constate plusieurs choses:
- tu es sans doute très introvertie (ton éducation, sans
doute) car tu sembles avoir peur de ton mari. Une fois que tu seras
sevrée, je pense que tu t'affirmeras davantage.
- tu l'as connu très jeune, aussi tu n'as pas eu d'autres hommes
et ces activités extraconjugales te donnaient l'impression de
revivre une adolescence que tu n'as pas ou peu vécue.
- le côté voyeurisme chez les hommes est souvent remplacé
chez les femmes par le côté exhibitionnisme. Cela semble
être ton cas. Tu fantasmes sur le désir des hommes à
ton sujet.
Voilà donc des pistes à explorer quand tu auras trouvé
une bonne psy (pas un homme, surtout pas!).
En attendant, je te souhaite bon courage."
Orroz
