Internet
amène une révolution dans le monde du sexe et de
la pornographie.
Plus que n'importe quel médium avant lui, internet permet
la liberté absolue de l'imagination et des fantasmes sexuels,
car personne, ni entreprises ni gouvernements, n'a le pouvoir de
le censurer. Il offre l'extraordinaire possibilité d'avoir
toutes ses fantaisies sexuelles, des plus banales aux plus secrètes,
au bout des doigts et accessibles d'un simple clic. Rien d'étonnant à ce
que sexe soit le mot le plus demandé sur les moteurs de recherche
et que 15% des internautes a déjà visité des
sites ou des forums de discussion à caractère sexuel.
Le sexe en ligne est une forme d'exploration ou de divertissement
sexuel sans conséquence pour la majorité des internautes.
Cependant, certains (6 à 9%) en deviennent complètement
accros, surtout les hommes.
Cybersexualité compulsive
Internet n'a rien inventé. Les photos, les films, les petites
annonces, les dialogues à caractère sexuel existaient
déjà. Ce qu'internet a permis c'est de rendre leur
accès beaucoup plus facile par l'anonymat qu'il procure, par
la disponibilité
de chez soi et par la gratuité de plusieurs services. Cet
anonymat jumelé au très large éventail de fantasmes
disponibles crée un terrain fertile pour une hypersexualité et
un besoin compulsif de cybersexe.
La cybersexualité compulsive est définie comme étant
un usage, pendant plus de 11 heures par semaine, de matériel
sexuel (visuel, auditif ou écrit) obtenu par internet dans
le but de ressentir une stimulation, une excitation ou une satisfaction
sexuelle. Certains ont déjà des comportements sexuels
compulsifs dans la réalité, la cyberdépendance
n'est qu'un autre volet de leur compulsion sexuelle. Par contre,
la plupart passe d'internaute « à risque » à
compulsif grâce justement à l'anonymat et l'accessibilité.
Ce sont des personnes qui n'avaient pas d'histoire antérieure
de compulsion sexuelle, mais qui se retrouvent à dépenser
beaucoup de temps et d'énergie dans des activités de
cybersexualité
sans atteindre les arbitraires 11 heures par semaine. Évidement,
la cybersexualité compulsive ne se résume pas à
une question de temps sur internet. Voici 10 autres indices qui peuvent
vous indiquer si un problème de cybersexualité compulsive
vous guette. Plus il y en a qui vous concerne, plus vous êtes
à risque.
Ses conséquences
Les accros du cybersexe perçoivent souvent leur comportement
comme sans conséquence. Pour eux, ce n'est pas comme avoir
une relation extraconjugale, ce n'est que virtuel et c'est moralement
plus acceptable que de réaliser ses fantasmes dans la vraie
vie ou même que de louer des films pornos. Au pire, ce n'est
pas vraiment plus dramatique que de « lire » un Playboy. Ça
pourrait
être vrai, mais ce n'est malheureusement pas le cas. Le cybersexe
n'est pas sans conséquence.
Les frontières de l'infidélité ne sont pas toujours
nettes. Même s'il n'y a pas eu de réel contact avec
l'autre, il y a eu une interaction sexuelle et les partenaires réagissent
comme lors d'une infidélité réelle. Ils se sentent
trahis, rejetés, humiliés, ils ressentent de la colère
et de la jalousie et ont une perte d'estime de soi. Et la différence
d'avec le Playboy, c'est qu'il y a un risque potentiel que la relation
aille plus loin que le papier glacé, bien que peu de relations
virtuelles sortent de l'anonymat.
La cybersexualité compulsive entraîne une incapacité
à établir une relation saine et gratifiante avec le
partenaire, car le compulsif néglige son entourage au profit
de son comportement sexuel. Le désir pour le partenaire diminue,
car il est monopolisé
par les images ou les correspondants. 68% des couples dont l'un des
partenaires est accro au cybersexe ont perdu intérêt
dans les relations sexuelles vécues ensemble, certains n'ont
pas eu de relations depuis des mois, voire des années. Évidemment,
plusieurs couples éclatent.
Dans les couples où il y a des enfants, ces derniers en subissent
aussi les conséquences. L'enfant est affecté par les
conflits que vivent ses parents. Il vit de la négligence et
de l'isolement, car un de ses parents est rivé devant un écran
et l'autre est constamment préoccupé par la cybersexualité
compulsive du premier. De plus, l'enfant risque d'être exposé
à de la pornographie de toutes sortes.
Une escalade des comportements sexuels déviants est aussi
souvent observée. Les activités sexuelles qui ont amené
la cybersexualité compulsive deviennent graduellement trop
banales pour offrir le même niveau de satisfaction. Quand on
voit trop les mêmes images, on vient qu'à être
désensibilisé
et blasé. Alors en recherche de stimulation et de satisfaction
plus grandes, et l'anonymat aidant, les internautes franchissent
des frontières qu'ils n'auraient jamais outrepassées
autrement et s'engagent dans des comportements sexuels inhabituels
et parfois illégaux (violence, bestialité, pédophilie,
etc.).
Et tout ça coûte cher! Bien sûr beaucoup de sites
sont gratuits, mais si on en veut plus, il faut payer. L'industrie
du sexe virtuel a un chiffre d'affaire de 2 milliards par année,
donc il y en a qui dépense beaucoup d'argent sur ces sites.
Perdre son emploi parce qu'on a utilisé l'ordinateur de la
compagnie pour du cybersexe ou parce qu'on s'est retrouvé avec
des accusations légales est aussi une conséquence financière
majeure.
Finalement, les conséquences s'étalent sur un continuum
allant du bris d'intimité avec le partenaire aux problèmes
financiers et légaux, en passant par un engagement dans des
situations sexuelles inappropriées.
S'en sortir
La cybersexualité compulsive peut briser des vies et doit être
prise au sérieux. Heureusement, il y a moyen de s'en sortir.
Voici quelques trucs pour vous aider si jamais vous en souffrez.
Il faut commencer par faire le grand ménage sur son ordinateur,
c'est-à-dire effacer tous les fichiers, liens et courriels à
contenu sexuel et débrancher et ranger tout équipement
pouvant servir à faire du vidéo. Ensuite, il faut
rendre son ordinateur sécuritaire. Installez un filtre
vous interdisant ainsi tout site à caractère sexuel.
Placez l'ordinateur dans une aire de la maison que tout le monde
fréquente assidûment (ex : le salon). N'allez sur
internet que lorsque quelqu'un est à
la maison, vous éviterez ainsi la tentation des sites
pornographiques. Au travail, placez l'écran de façon à ce
qu'il soit visible par vos collègues. Ensuite, combattez
l'isolement du cybersexe en reprenant contact avec votre entourage,
en participant
à de nouvelles activités. Joignez-vous à un
groupe de Sexoliques Anonymes s'il y en a un de disponible dans
votre région. Le support des autres peut vous être
d'un grand secours.
Finalement, consultez un thérapeute. Ceci vous aidera à
faire une introspection pour savoir ce qui vous pousse vers la
cybersexualité
compulsive, mais aussi à cesser vos comportements destructeurs.
La thérapie est plus efficace si vous impliquez votre
partenaire dans le processus, car cette personne a aussi des
plaies à panser.