extrait d'un article
sur les "Folies ordinaires"
(Science et Vie hors série avril/mai 2000)
"Les
travaux psychanalytiques sur la sexualité addictive sont
quasiment inexistants.
La seule contribution notable est celle de la Britannique Joyce McDougall.
Selon elle, la psychopathologie des addictions sexuelles est indissociable
de celle des addictions en général. La survenue, à
l'âge adulte, d'une addiction serait consécutive à
l'établissement d'une relation primitive à la mère
(ou son équivalent) déjà addictive. En effet,
la maturité normale d'un nourrisson impose une phase d'intériorisation
de la mère: progressivement, les soins et la présence
maternels aboutissent à la constitution d'une représentation
interne de la mére. L'enfant apprend à devenir lui-même
sa propre source de réconfort. Dans le cas d'une relation à
la mére insuffisamment structurante (en particulier lorsque
la mère est elle-même dans un état de dépendance
vis-à-vis de son enfant, l'enfant sera dans l'incapacité
de se construire une mére intérieure. Dès les
premiers
âges de la vie va s'instaurer une relation addictive à
l'autre. Le choix d'un comportement addictif particulier dépend
de la période de développement infantile du sujet au
cours de laquelle est survenue cette faille de l'intégration.
La maturation psychique de l'individu s'effectue en effet grâce à une
succession de fantasmes qui organisent les impressions nées
du contact avec le monde du nourrisson. La sexualité sera
ainsi choisie comme objet d'addiction dans la mesure où elle
permet l'expression du fantasme autour duquel est resté fixé
le fonctionnement psychique de l'individu. "
Note de Orroz: les fantasmes des accros
au X sont souvent liés aux gros seins, comme en témoigne
l'engouement des internautes pour Danni Ashe, une blonde à
la poitrine oppulente. Cest la "maman-putain" préférée des américains!
dessin
de Marcel Dubout
Sexolisme et relation à la mère (échange de courriel entre
professionnels)
« En tant que professionnel de la santé en zone rurale,
je vous félicite pour votre site, les témoignages, vos
reflets et les aides écrites laissées à disposition...
J'ai déjà conseillé à l'un ou l'autre de
cheminer avec vous et de trouver là encouragements et exemples
d'une possible libération.... Merci à ceux qui se livrent
ainsi. Leur aide est précieuse... Pouvez-vous renseigner un site
abordable qui expliciterait votre extrait sur "un rendez-vous manqué
avec la mère"... Comprendre est indispensable pour avancer
sur terrain solide. Bien merci. »
R: Personnellement, je n'ai pas trouvé
grand chose, si ce n'est cet extrait sur Freud qui semble intéressant
:
« Pour Freud, c'est grâce à la répétition
des expériences de gratifications et de frustrations orales
(biberon ou sein), que l'enfant commence à percevoir son
premier objet extérieur à lui (relation objectale
selon Freud). L'enfant, pendant son éveil et en l'absence
de sa mère, développe et utilise un certain nombre
d'activités ayant une valeur substitutive par rapport à la
mère : les activités pré-ludiques et les
activités auto-érotiques. Ainsi en l'absence de
la mère, l'enfant vise par le biais d'activités
sensitivo-motrices puis cognitives, à la remplacer, à survivre
malgré
son absence. »
Je crois qu'il y a là matière à réflexion,
puisque nous savons que le sentiment d'abandon crée un
comportement de dépendant (cf Lise Bourbeau). Sans la
présence rassurante et sécurisante de sa mère,
l'enfant cherche en même temps de quoi calmer son angoisse
et un subsitut à son besoin de plaisir : sucer son pouce
en est un, un autre. Plus tard, à l'éveil
de sa sexualité par exemple, il reproduit ce schéma
dès qu'il se retrouve seul. Pour peu qu'il découvre
que son père est dépendant à
la pornographie, l'adolescent se réfugie dans ces pratiques
en pensant que cela est « normal ».