Depuis quelques années je reçois
de plus en plus de mails de dépendants à la
pédopornographie, ce qui était rare il y a encore dix
ans. Ce phénomène se confirme chez les dépendants
sexuels qui viennent me voir en consultation psychothérapeutique.
Pourquoi ?
Certainement à cause de l'insatisfaction ressentie par
la plupart des dépendants dans la phase 4 de la spirale
addictive : l'obsession du plaisir toujours fuyant (mais
rarement atteint) de ce
"toujours plus", de ce "gouffre sans fin" dans
lequel ils plongent régulièrement. Alors, à force
de rechercher des images de plus en plus excitantes, ils finissent
par tomber sur des fantasmes extrêmes : .
"Sans m'en rendre compte (m'écrit
un internaute) je recherchais des filles de plus en plus jeunes. J'ai
commencé avec des scènes de filles visiblement majeures
déguisées en écolières comme sur ces sites
spécialisés "asian", puis je me suis mis à rechercher
des images d'adolescentes prépubères. En fait, ce qui
m'excitait, c'était de voir un sexe féminin sans poils
mais pas sur un corps de femme."
Et voilà le lien entre l'image
pornographique et l'image pédopornographique: dans la majorité des
scènes pornographiques, les femmes ont le sexe rasé. Cela
n'a pas été toujours le cas (dans les années 70,
elles tournaient dans leur nudité naturelle) mais dès
que la demande de gros plans s'est accentuée, elles ont du accepter
de se raser le pubis. Or, le fait de visionner régulièrement
des sexes de jeunes filles rasés a progressivement nourri le
fantasme de sexe prépubère chez l'homme dépendant.
Mais
à la longue, cela peut devenir une obsession :
"Quand je me masturbe, je pense
au sexe d'une gamine et ça me rend fou. Alors que dans la vie
de tous les jours, jamais je n'oserais ne serait-ce que lui faire un
bisou sur la joue !"
Oui, mais voilà, dans certains
cas l'obsession est telle que cela devient pathologique. Comme me l'expliquait
un autre internaute :
"Je sais que c'est mal, que
je me fais du mal et que c'est interdit, mais je ne peux m'empêcher
d'aller surfer sur des sites . Au début, je
me dis
"allez, juste quelques images, je me satisfais et basta !" Mais
la nuit d'après, ces images reviennent comme des fantômes,
elles me poursuivent, je me sens comme persécuté, c'est
horrible. Et au petit matin, comme un zombie, je me dirige vers mon
pc et je remets ça... "
En effet, la dépendance aux
images pédopornographiques peut, dans certains cas, entraîner
de graves troubles psychiques s'apparentant au dédoublement de
la personnalité, voire à la schizophrénie. Il semblerait
qu'elle soit plus forte, donc plus difficile à soigner, que la
dépendance à la pornographie "classique". Sans
doute à cause de la culpabilité qui en résulte.
Culpabilité tout à fait fondée, mais qui peut créer
chez certains esprits une dichotomie préjudiciable.
"Je vous écris pour
vous annoncer que je viens de passer une dizaine de jours en psychiatrie.
J'ai un peu mieux dormi (avec des médocs, mais bon...) et ça
m'a calmé la libido. Mais j'ai peur de replonger. Là, ça
fait deux jours que je suis chez moi et ça recommence à me
démanger. Je me sens minable, je m'en veux, je fais du mal à toute
ma famille. Qu'est-ce que vous me conseillez ?"
J'ai répondu à cet
homme qu'il devait tout d'abord éviter de culpabiliser à outrance.
Oui, il était sur une mauvaise voie, oui il pouvait se sentir
honteux.
Mais je lui ai dit aussi que c'était à lui de faire une
bonne fois pour toutes un repentir sincère et de tout mettre
en oeuvre pour s'en sortir. Plutôt que de s'apitoyer sur son sort
ou de se rabaisser, il valait mieux suivre les
conseils donnés sur mon site tout en effectuant sérieusement le
sevrage.
A l'heure où l'affaire Joseph
Fritzl (qui a séquestré pendant 24 ans sa fille et eu
7 enfants d'elle) défraie la chronique, les dépendants à la
pédopornographie peuvent prendre conscience de la gravité de
cette pratique:
- elle a sans doute contribué à la vague de condamnation
de prêtres américains (plus
de 10 000 enfants auraient été abusés sexuellement
par plus de 4 000 prêtres).
- dans une maison de Dutroux, où vivait son complice Lelievre,
on a saisi 600 vidéocassettes pornographiques dont les victimes étaient
des mineurs ...
- de plus en plus, les enquêteurs de la Police criminelle font
le lien entre pornographie et . Récemment, un
homme de 35 ans a réussi à rencontrer une adolescente
de 12 ans, qu'il a séduite sur Internet (il a menti sur son âge,
disant avoir 25 ans). L'homme a été mis en examen pour "atteinte
sexuelle et corruption" et pour détention d'images pédopornographiques
qui le mettaient en scène avec d'autres enfants.
Et s'il subsiste encore un doute
dans leur esprit, que les dépendants à la pédopornographie
prennent conscience de la réalité :
- on n'a jamais vu un heureux.
- un enfant ne jouit pas, au sens physique du terme, donc ne prend
pas de plaisir.
- si un enfant ne dit pas "non" cela ne veut pas dire qu'il
dit "oui".
- un enfant garde toujours des traumatismes, même s'il s'agit
d'attouchements.
- un enfant attire parce qu'il est insouciant, naturel et sincère.
Efforcez-vous de le (re)devenir en retrouvant votre enfant intérieur.
Ainsi, vous n'oserez plus faire du mal à qui que ce soit... même à vous
!
Orroz
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personnes en prise avec des attirances
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le silence"
Si vous voulez vraiment
vous racheter, faites des dons à l'une de ces deux associations
qui luttent contre la misère des enfants et le tourisme sexuel:
"Les amis de
Père Pedro" de Madagascar
"L'ACPE"
(association contre la prostitution des enfants)
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